Septembre 2026

Analyse Crédit immobilier 3ème trimestre 2026

Taux des crédits immobiliers pour particuliers

UNE REMONTÉE DES TAUX QUI CHANGE LA DONNE

En septembre 2026, le taux moyen des crédits du secteur concurrentiel s’est établi à 3,40 %, 3.31 % pour l’accession dans le neuf et 3.40 % pour l’accession dans l’ancien. Sur l’ensemble du troisième trimestre, le taux moyen s’établit 3,32 %.

Après plusieurs mois d’une relative stabilité, de février à mai, les établissements bancaires ont progressivement relevé leurs barèmes à partir de juin, dans un contexte marqué par la dégradation de l’environnement économique, les tensions inflationnistes et le durcissement des conditions de refinancement.

Si les hausses observées durant l’été sont restées mesurées, de 3 pdb chaque mois, l’accélération enregistrée en septembre marque une rupture plus nette avec + 9 pdb. Les banques, dont les marges étaient déjà sérieusement malmenées ont dû augmenter les taux face à l’accélération des tensions inflationnistes et au nouveau relèvement des taux de la BCE. Dans un contexte d’aggravation des tensions au Moyen-Orient et un climat d’incertitude économique, le mouvement est désormais suffisamment impactant pour peser sur les décisions d’achat immobilier et fragiliser davantage la demande.

3,32 % Taux moyen 3ème trimestre 2026 ensemble marché
3,40 % Taux moyen en septembre
En détail

HAUSSE DES TAUX

Face à l’accentuation de la crise économique et financière provoquée par le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient et dans un climat intérieur anxiogène, les établissements de crédit ont commencé à relever leurs taux dès le mois de juin. En juillet et en août, le taux moyen des crédits s’est élevé de 3 points de base (pdb) chaque mois, pour se hisser à 3.31 %. Mais cette hausse n’avait pas été de nature à dégrader (un peu plus) une demande des ménages déjà déstabilisée par la montée l’incertitude. En revanche, avec l’aggravation des tensions au Moyen-Orient et leur extension, l’accélération des tensions inflationnistes et le nouveau relèvement de ses taux par la BCE ont conduit les banques dont les marges étaient sérieusement malmenées à augmenter les taux des crédits accordés de 9 pdb : le taux moyen s’est ainsi établi à 3.40 % en septembre.

L’augmentation du taux moyen est maintenant rapide, à un rythme risquant de déstabiliser la demande : surtout pour les prochains mois durant lesquels des taux d’usure déterminés à partir de valeurs passées des taux des crédits vont se trouver déconnectés de la réalité du marché comme cela s’était déjà constaté de février à décembre 2023.

Taux trimestriel des crédits immobiliers aux particuliers 3ème trimestre 2026 (en %)
Ensemble des marchés - L'Observatoire CREDIT LOGEMENT / CSA
Prêts du secteur concurrentiel
TAUX FIXES
Taux Moyen
(en %)
sur 15 anssur 20 anssur 25 ans
Décembre 20253,163,093,173,25
Mars 20263,223,043,213,27
Juin 20263,253,123,223,30
Septembre 20263,403,213,393,45

Taux des crédits immobiliers par groupes d'emprunteurs

 

 

 

En détail

Durant le 1er semestre, les taux des prêts sur 15 ans n’avaient augmenté que de 3 pdb et ceux des prêts sur 20 ans et sur 25 ans de 5 pdb. Entre juin et septembre les hausses ont été plus rapides : 9 pdb pour les prêts sur 15 ans, et 17 pdb pour ceux sur 20 ans et 15 pdb pour ceux sur 25 ans.

La structure de la production s’est modifiée pour mieux répondre à la demande, avec une logique remontée de la part des prêts les plus longs pour faciliter le bouclage des plans de financement, et le taux moyen s’est ainsi accru de 15 pdb entre juin et septembre 2026.

SEPTEMBRE 2026
Taux moyensSur 15 ansSur 20 ansSur 25 ans
1er groupe2,863,033,07
2ème groupe3,163,303,36
3ème groupe3,313,483,53
4ème groupe3,533,753,82
Ensemble3,213,393,45
Prêts sur 15 ans- Taux par groupes des crédits immobiliers aux particuliers (en %) - 3ème trimestre 2026
Ensemble des marchés - L'Observatoire CREDIT LOGEMENT / CSA

Le 1er groupe rassemble les 25% d’emprunteurs dont le taux est le plus bas (valeurs des taux inférieures au 1er quartile, Q1).
Le 4ème groupe, les 25% d’emprunteurs dont le taux est le plus élevé (valeurs des taux supérieures au 3ème quartile, Q3).
Le 2ème groupe rassemble donc les 25% d’emprunteurs dont le taux est compris entre Q1 et la médiane.
Et le 3ème groupe, les 25% d’emprunteurs dont le taux est compris entre la médiane et Q3.

Durée

DES DURÉES LONGUES POUR PRÉSERVER LES PROJETS IMMOBILIERS

Pour le 3ème trimestre 2026, la durée moyenne des prêts accordés était de 252 mois (264 mois pour l’accession dans le neuf et 265 mois pour l’accession dans l’ancien).

La durée moyenne des crédits octroyés se maintient sur des niveaux très élevés. Mais face à la remontée rapide des taux, les banques ne parviennent plus que difficilement à atténuer les impacts du coût ascendant des opérations financées, qui pèse de plus en plus sur les capacités d’emprunt des candidats à un achat immobilier.

252 Mois Durée moyenne au 3ème trimestre 2026
En détail

Durées en hausse de 6 mois en un an

La déformation de la structure de la production s’est poursuivie et elle est rapide. La proportion des prêts bancaires sur 25 ans et plus s’est accrue, à 49.8 % au 3ème trimestre 2026, contre 46.5 % en 2025 : cependant, cette catégorie de prêts représentait 51.1 % en 2024. Et la part des prêts de 20 ans à moins de 25 ans s’est élevée à 33.9 au 3ème trimestre, contre 34.0 % en 2025. La structure du marché s’est donc transformée (moins de prêts courts) : dans un paysage dominé par les incertitudes, les

banques s’efforcent de contenir la durée de leurs engagements mais sans négliger les formules à durée élevée.

Mais cette déformation de la structure de la production contribue à la hausse du taux moyen des crédits, puisque les prêts les plus longs et donc les plus chers voient leur poids s’accroître dans le marché au détriment de prêts moins longs et à taux plus bas.

Durée trimestrielle des crédits immobiliers 3ème trimestre 2026
(en mois)
moins de 10 de 10 à moins de 15 De 15 à moins de 20De 20 à moins de 25De 25 à moins de 3030 et plus
20192,08,620,230,737,80,7
20241,36,912,827,951,10,0
20251,36,411,834,046,50,0
T1-20261,06,711,333,547,40,0
T2-20260,96,611,235,545,60,0
T3-20260,65,010,633,949,80,0

Activité des marchés

LE MARCHÉ DES CRÉDITS IMMOBILIERS BASCULE DANS UNE PHASE RÉCESSIVE

Après l’essoufflement observé depuis le début de l’année, l’été 2026 a confirmé le recul du marché des crédits immobiliers. Les hésitations des ménages, la dégradation du contexte économique et le durcissement de l’environnement financier ont fortement pesé sur l’activité.

Ainsi les évolutions récentes ont confirmé que le marché des crédits, qui jusqu’au début du printemps pouvait encore sembler atterrir en douceur, s’était engagé sur le chemin de la récession. À fin septembre, la production de crédits mesurée en niveau trimestriel glissant recule de 9,2 % sur un an, tandis que le nombre de prêts accordés diminue de 8,1 %.

En niveau annuel glissant, la production de crédits passe désormais en territoire négatif avec une baisse de 3,4 %, confirmant l’entrée du marché dans une phase récessive.

-8,1% Activité en nombre de prêts accordés (Ensemble du marché T3 2026 / T3 2025)
-10,3% Activité en nombre de prêts accordés (Marché du neuf T3 2026 / T3 2025)
-2,6% Activité en nombre de prêts accordés (Marché de l'ancien T3 2026 / T3 2025)
En détail

Signes d'affaiblissement

L’atterrissage de la conjoncture a été rapide en raison des hésitations et de l’inquiétude d’une demande confrontée à la dégradation de l’économie française et déstabilisée par le resserrement de l’accès au crédit et les exigences d’apport personnel imposées par la Banque de France.

Et le regain du marché des crédits constaté en juin, après un mois de mai placé sous le sceau de la dépression, n’a pas été suffisant pour atténuer le risque de recul de la production. Alors que comme à l’habitude, le mois d’août a souffert du repli estival du marché (sur longue période, une baisse de 32 % du nombre de crédits accordés entre juillet et août), cet été 2026 a été fortement perturbé par la succession des vagues de canicule et le déclenchement des incendies, notamment dans le sud et le sud-ouest de l’Hexagone.

Et la reprise saisonnière du mois de septembre n’a pas permis d’infléchir la tendance baissière du marché.

Nombre prêts bancaires accordés (Crédit Logement) base 100 en 2020 - Septembre 2026
Niveaux annuels glissants - L'Observatoire CREDIT LOGEMENT / CSA
ACTIVITÉ DU MARCHÉ DES CRÉDITS
(NOMBRE DE PRÊTS)
Ensemble du marché
(glissement annuel)
Marché du neuf
(glissement annuel)
Marché de l'ancien
(glissement annuel)
2025 / 2024
année glissement annuel
+ 38 %+ 37,1 %+ 53,4 %
S1 2026 / S4 2025
glissement semestriel
- 3,8 %- 6,9 %- 1,9 %
T3 2026 / T2 2026
glissement trimestriel
- 10,3 %- 6,9 %- 9,9 %
T3 2026 / T3 2025
glissement annuel
- 8,1 %- 10,3 %- 2,6 %
Novembre 2025 à octobre 2026 /
novembre 2024 à octobre 2025
annuel glissant
+ 0,2 %- 2,6 %+ 8,8 %

Solvabilité

LE COÛT DES OPÉRATIONS CONTINUE DE PESER SUR LA SOLVABILITÉ

Le pouvoir d’achat immobilier des ménages se dégrade pour la 2ème année consécutive. Les revenus progressent encore, mais moins rapidement que le coût des logements financés.

Si le resserrement de l’accès au crédit rend compliqué la réalisation des projets immobiliers des emprunteurs modestes faiblement dotés en apport personnel et des primo accédants, le coût des opérations s’élève toujours à un rythme soutenu (+ 2.5 % sur les 9 premiers mois de 2026, en GA, après + 4.2 % en 2025).

Dans ce contexte, le coût relatif des opérations atteint 4,2 années de revenus, contre 4,1 années un an auparavant.

 

4,2 années de revenus Coût relatif des opérations immobilières financées par emprunt, ensemble du marché
En détail

Coût relatif moyen et indicateur de solvabilité

Parallèlement, l’apport personnel poursuit sa progression lente et semble avoir atteint un plafond pour de nombreux ménages. L’indicateur de solvabilité de la demande se dégrade de nouveau sous l’effet combiné de la hausse des prix des logements et du renchérissement du crédit. Même le retour sur le marché de ménages aux revenus plus élevés ne suffit plus à compenser totalement cette évolution.

 

Coût relatif des opérations en années de revenus 3ème trimestre 2026
Niveaux annuels glissants - L'Observatoire CREDIT LOGEMENT / CSA
L'indicateur de solvabilité de la demande (base 100 en 2020) - 3ème trimestre 2026
Niveaux annuels glissants - L'Observatoire CREDIT LOGEMENT / CSA

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