Août 2026

Analyse marché immobilier Août 2026

Les taux d’intérêt sur les prêts du secteur bancaire

L'essentiel

3 points de base de hausse en juillet et en août

En août 2026, le taux moyen des crédits s’est établi à 3.31 %, 3.24 % pour l’accession dans le neuf et 3.30 % pour l’accession dans l’ancien.

3.31 % moyenne sur l'ensemble des marchés
3.24 % pour l’accession dans le neuf
3.30 % pour l’accession dans l'ancien
En détail

Après la phase de remontée engagée au second semestre 2025, les taux s’étaient stabilisés autour de 3,23 % entre février et juin 2026.

En début d’année, alors que le pouvoir d’achat immobilier se dégradait déjà et que les candidats à l’accession demeuraient hésitants, les banques avaient choisi de préserver leurs volumes de production en différant les ajustements tarifaires, malgré la forte détérioration des marchés obligataire et boursier français. Ce choix s’est opéré au prix d’une compression de leurs marges.

Les taux des crédits immobiliers aux particuliers - août 2026
(en %)

Depuis lors, les conséquences économiques du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient ont accentué un contexte national déjà marqué par des incertitudes politiques et économiques persistantes, peu favorables à la résorption des déficits publics. Les établissements de crédit ont ainsi repris leurs relèvements de taux à partir du mois de juin. Le taux moyen a ensuite progressé de 3 points de base chaque mois, pour atteindre 3,31 % en août.

Prêts du secteur concurrentiel
TAUX FIXES
Taux Moyen
(en %)
sur 15 anssur 20 anssur 25 ans
Décembre 20243,313,243,263,34
Août 20253,063,013,083,16
Décembre 20253,163,093,173,25
Août 20263,313,143,273,35

Cependant, depuis décembre 2025 les taux des prêts à 15 ans n’ont augmenté que de 5 points de base, tandis que ceux des prêts à 20 ans et 25 ans ont progressé de 10 points de base. La hausse du taux moyen apparaît néanmoins plus marquée (+15 points de base depuis décembre 2025) en raison de l’évolution de la structure de la production. Afin de faciliter le bouclage des plans de financement, les emprunteurs recourent davantage aux prêts les plus longs, ce qui contribue mécaniquement à relever le taux moyen observé.

La durée des prêts bancaires accordés

L'essentiel

En août 2026, la durée moyenne des prêts accordés était de 252 mois (261 mois pour l’accession dans le neuf et 265 mois pour l’accession dans l’ancien).

Confrontées à la remontée des taux, les banques ne parviennent plus à compenser totalement l’augmentation du coût des opérations financées, qui ampute directement la capacité d’emprunt des ménages. Malgré le recours croissant aux durées longues, la demande de crédit montre des signes de fragilité.

252 durée moyenne des prêts accordés (en mois)
261 accession dans le neuf
265 accession dans l'ancien
En détail

En détail

L’adaptation de la structure de la production est rapide. Et un prêt sur deux (49,3 %) est désormais accordé sur une durée d’au moins 25 ans.

Durée des crédits immobiliers - août 2026
(en mois)

Cette proportion n’était que de 46.4 % au 2ème trimestre 2026 et de 46.8 % en 2025.

moins de 10 de 10 à moins de 15 De 15 à moins de 20De 20 à moins de 25De 25 à moins de 3030 et plus
20192,08,620,230,737,80,7
20241,36,912,827,951,10,0
20251,36,411,833,746,80,0
T1-20261,06,611,233,247,90,0
T2-20260,96,411,135,246,40,0
M08-20260,65,510,534,049,30,0

L'activité du marché

L'essentiel

Après un début d’année très mitigé pour l’activité des crédits, les mois de mars et avril ont bénéficié du regain printanier traditionnel et des taux d’intérêt rendus compétitifs par les banques, soucieuses de limiter le repli de la production de crédits immobiliers. Mais la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences sur la croissance sont venus détériorer l’environnement économique des candidats à l’emprunt.

Après une courte embellie au début du printemps, l’atterrissage de la conjoncture a donc été rapide : dépression en mai, regain insuffisant en juin, puis recul estival aggravé par les épisodes de canicule et les incendies de l’été, c’est l’inquiétude de la demande qui prédomine. Le mois d’août confirme alors que le marché des crédits s’est engagé sur le chemin de la récession, avec – 16.8 % pour la production de crédits mesurée en niveau trimestriel glissant et – 14.5 % pour le nombre de prêts accordés (contre respectivement +33.4% et + 42.2 % il y a un an à la même époque).

En détail

En détail

Aussi, en GA, la production de crédits qui semblait encore résister à la récession en juillet, recule maintenant de 1.7 %, contre + 31.1 % à fin décembre 2025. Et le nombre de prêts accordés mesuré en niveau annuel glissant ralentit brutalement, avec + 1.9 % à fin août, contre + 38.0 % à fin décembre 2025.

ACTIVITÉ DU MARCHÉ DES CRÉDITS (HORS RACHATS DE PRÊTS)MONTANT DE PRODUCTION DE CRÉDITS NOMBRE DE PRÊTS BANCAIRES ACCORDÉS
Juin 2026 à Août 2026
/
Juin 2025 à Août 2025
- 16,8 %- 14,5 %
Septembre 2025 à Août 2026
/
Septembre 2024 à Août 2025
- 1,7 %+ 1,9 %
Nombre prêts bancaires accordés (Crédit Logement) base 100 en 2020 - Août 2026
Niveaux annuels glissants - L'Observatoire CREDIT LOGEMENT / CSA

Le coût relatif

Avec le retour des tensions inflationnistes, le pouvoir d’achat des ménages se détériore et l’accès au crédit devient plus difficile, en particulier pour les ménages modestes et les primo-accédants. À l’inverse, les emprunteurs les plus aisés, davantage en mesure de satisfaire aux exigences d’apport personnel, occupent une place croissante sur le marché.

Cette évolution se reflète dans le niveau de revenus des emprunteurs, qui continue de progresser : +1,5 % sur les huit premiers mois de 2026 en glissement annuel, après +2,4 % en 2025. Cette progression reste toutefois deux fois moindre que celle du coût des opérations financées, en hausse de 3,1 % sur les huit premiers mois de l’année, après +4,6 % en 2025.

Dans ces conditions, le coût relatif des opérations atteint 4,2 années de revenus en août 2026. Malgré sa remontée récente, ce niveau demeure sensiblement inférieur à ceux observés durant les années 2021 et 2022.

L'indicateur de solvabilité de la demande

l’apport personnel moyen progresse modestement (+1,1 % sur les huit premiers mois de 2026, après -3,4 % en 2025). En réalité, depuis 2023, son niveau s’est globalement stabilisé, traduisant l’essoufflement des capacités de mobilisation d’épargne des nouveaux emprunteurs. La hausse observée provient principalement de la progression des opérations réalisées avec revente préalable ainsi que du retour d’emprunteurs plus aisés sur le marché.

Sous l’effet combiné de la hausse des prix des logements et de celle des taux de crédit, l’indicateur de solvabilité de la demande décroche.