À partir du printemps, plusieurs facteurs ont fragilisé la demande. Les tensions géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient ont nourri un climat d’incertitude pesant sur la croissance économique et le pouvoir d’achat des ménages. Après une légère amélioration en avril, le marché s’est nettement contracté en mai, sous l’effet combiné d’une activité réduite par les nombreux jours fériés et d’un environnement économique plus anxiogène.
Toutefois, le recul du marché ne s’explique pas uniquement par une dégradation de l’économie française ni par une remontée significative des taux d’intérêt, restée relativement modérée. La principale source de ralentissement réside dans les hésitations des ménages, confrontés à un accès au crédit plus contraint et à des exigences d’apport personnel élevées. Même le rebond enregistré en juin n’a pas suffi à inverser la tendance.
Les chiffres de juillet confirment désormais l’entrée du marché dans une phase récessive. En rythme trimestriel, la production de crédits recule de 21,5 % par rapport à l’année dernière et le nombre de prêts accordés de 19,7 %. L’activité annuelle glissante montre également un net essoufflement : la production de crédits n’augmente plus que de 0,5 % à fin juillet, contre 31,1 % à fin décembre 2025, tandis que la progression du nombre de prêts ralentit à seulement 3,8 %, contre +38% en 2025. Si cette dynamique se poursuit, ces indicateurs devraient basculer en territoire négatif dès l’automne.