Après avoir reculé durant plus d’une année, le taux des crédits immobiliers s’était redressé durant l’été 2025 : il a alors repris 11 points de base (pdb) entre juin et décembre 2025, pour finir l’année à 3.16 %. Puis la hausse du taux moyen s’est renforcée en janvier 2026 (+ 3 pdb), puis en février (+ 4 pdb) pour finalement s’établir à 3.23 %. Mais en mars, cette tendance haussière des taux a cédé la place à la stabilisation : habituellement, l’effort « commercial » de certaines banques peut s’observer avec le retour du printemps et le renouveau saisonnier de la demande ; il reste en général « sélectif », afin d’éviter l’engrangement de risques de défaut, la prudence occupant une place de plus en plus large dans la stratégie des établissements distributeurs.
Cependant cette année les banques ont dû faire face à un affaiblissement de la demande de crédits, au-delà de ses habitudes saisonnières : dans un environnement anxiogène qui déjà freinait la réalisation de nombreux projets immobiliers, les ménages ont été confrontés dès le début du mois de mars aux conséquences économiques du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Les banques ont dû réajuster à la baisse leurs barèmes (bien au-delà d’un simple geste commercial) pour répondre à cette dégradation de la demande, choisissant de différer les ajustements des taux aux contraintes des marchés financiers et notamment à la brutale détérioration des marchés obligataires et boursiers. Pourtant, confrontés à la montée de l’incertitude et au risque de défauts des emprunteurs, les établissements bancaires ont dû renforcer leurs stratégies prudentielles et marger pour renforcer leurs fonds propres, sans pour autant trop peser sur la solvabilité de leurs clientèles : en mars, ils ont donc encore modéré les hausses des taux des crédits accordés, face à une demande de crédits qui hésite.
Néanmoins, bénéficiant du regain saisonnier habituel, la demande a retrouvé plus de vigueur en avril. Après un 1er trimestre d’hésitations, alors que les taux de refinancement de la BCE n’ont pas été réajustés depuis juin 2025, les banques ont donc relevé les taux de leurs produits « phares » dans un paysage dominé par la montée de l’incertitude : l’arbitrage en faveur du renforcement des fonds propres a doucement pris le pas sur la consolidation de la demande.